Coronarographie & Angioplastie

La coronarographie

La coronarographie étudie les artères coronaires du cœur afin de :

·         Dépister des anomalies de circulation sanguine dues à un obstacle.

·         Intervenir sur le vaisseau en le dilatant si besoin (c'est l'angioplastie).

Cet examen est indiqué quand on suspecte un infarctus du myocarde ou un angor (angine de poitrine) c'est-à-dire en cas de :

·         Douleur persistante de la cage thoracique.

·         Malaises atypiques chez un sujet ayant des facteurs de risque (plus de 50 ans, diabétique, taux élevé de cholestérol, hypertendu…)

·         Electrocardiogramme anormal.

·         Anomalies biologiques, comme l'élévation des enzymes cardiaques sur la prise de sang.

Elle recherche :

·         Un obstacle à l'écoulement du sang à cause d'un rétrécissement (athérome) ou d'un caillot (embole).

·         Elle précise le nombre, le siège et le type des lésions.

·         Elle peut mesurer les pressions à l'intérieur des cavité cardiaques.

Qu'est-ce que c'est ?

Cet examen utilise les rayons X et un produit de contraste à base d'iode.

Son principe consiste à rendre visibles (opacifier) les artères coronaires qui irriguent le coeur. Un cathéter est introduit dans le vaisseau pour injecter le produit de contraste qui se mélange au sang : le système vasculaire devient visible sur les clichés radiologiques grâce aux propriétés radio-opaques de l'iode.

Dans la salle d'examen, on trouve :

L'appareil qui se compose d'une table basculante au-dessus de laquelle un bras articulé muni d'un tube à rayons X se déplace.

Comment se déroule l'examen ?

C'est un cardiologue qui pratique cet examen.

Après avoir signalé votre arrivée à l'accueil, vous patienterez quelques minutes en salle d'attente.

Avant l'examen, vous passerez au vestiaire pour vous dévêtir (on vous indiquera les vêtements qu'il faut ôter). Un tranquillisant pourra vous être donné afin de diminuer l'appréhension.

Une perfusion veineuse sera mise en place sur votre bras.

 

Pendant l'examen, vous êtes allongé sur le dos. On enregistre en permanence votre rythme cardiaque et votre tension artérielle.

L'examen se déroule dans des conditions stériles et sous anesthésie locale. Le cardiologue commence par désinfecter la peau puis réalise l'anesthésie locale. Quand la zone est endormie, il introduit un cathéter dans une artère du pli de l'aine ou du bras. Il fait cheminer ce cathéter jusqu'à l'origine des artères coronaires en remontant dans l'aorte ; l'examen se passe sous contrôle visuel sur un écran. Une fois en place, le produit de contraste est injecté et plusieurs clichés sont réalisés afin de visualiser le réseau vasculaire. Si un obstacle est mis en évidence, une angioplastie peut être pratiquée : elle consiste à dilater le vaisseau rétréci à l'aide d'un petit ballonnet.

L'examen dure de 30 minutes à une heure environ.

En cas de problème lors de l'examen, n'hésitez pas à le signaler au personnel médical.

Après l'examen, le cathéter est ôté et le vaisseau est comprimé pour éviter tout saignement. Il est nécessaire de rester allongé quelque heures ; une hospitalisation de 48 heures est souvent recommandée. Vous pourrez manger et boire normalement.

 

Les résultats : Le médecin vous donnera un premier commentaire. Il enverra son compte rendu définitif à votre médecin traitant dans les plus brefs délais. Ce dernier vous expliquera les résultats et vous donnera la conduite à tenir.

Est-ce douloureux ?

La mise en place du cathéter dans le vaisseau est le moment le plus désagréable de l'examen. L'anesthésie locale permet de ne pas avoir mal. Il s'agit d'une simple piqûre.

Le reste de l'examen n'est pas douloureux.

L'injection du produit de contraste entraînera une sensation de chaleur dans le membre perfusé puis dans tout le corps. C'est une réaction normale et passagère.

Est se préparer ?

Quelques jours auparavant, il faut vérifier votre bilan de coagulation par une prise de sang.

Le jour même :

Etre à jeun c'est-à-dire ne pas manger, ni boire ni fumer quatre à six heures avant.

Certains médicaments pourront être arrêtés par votre médecin. Prenez le reste de votre traitement habituel.

Si vous êtes allergique, vous devrez prendre des comprimés la veille et le jour de l'examen.

Apportez :

 

La lettre de votre médecin et vos ordonnances.

Votre carte d'assuré social.

Vos anciennes radiographies ou comptes rendus radiologiques qui permettront une comparaison.

Le produit de contraste s'il vous a été prescrit.

Signalez :

Si vous êtes enceinte ou pensez l'être pour que des précautions soient prises.

Si vous êtes allergique.

La liste des médicaments que vous prenez.

Vos antécédents médicaux et chirurgicaux.

Quels sont les risques ?

Ils sont rares et le plus souvent sans gravité :

L'introduction du cathéter peut être responsable d'une infection ou d'un hématome. Une désinfection soigneuse de la peau et la compression du vaisseau les éviteront.

Le produit de contraste peut être responsable d'une réaction allergique. Si vous présentez un terrain propice, des comprimés seront prescrits la veille et le jour même.

Des palpitations (troubles du rythme cardiaque) et malaises de courte durée peuvent survenir.

Des rayons X : Ils sont sans danger du fait des très faibles doses utilisées.

En cas de douleurs dans la poitrine, de fièvre ou de malaise survenant dans les jours après l'examen, consultez rapidement votre médecin

 

L'angioplastie

L'angioplastie, également nommée dilatation, comporte deux étapes, l'une diagnostique, l'autre thérapeutique. L'angioplastie relève de la cardiologie interventionnelle, car elle ne nécessite pas l'ouverture du thorax contrairement à la chirurgie cardiaque. C’est un acte invasif car elle nécessite l’introduction d’une petite sonde (ou cathéter) dans une artère soit au pli de l’aine (artère fémorale) soit au niveau du poignet (artère radiale). Cette technique est réalisée par un cardiologue, médecin spécialisé dans la cardiologie interventionnelle. La décision de pratiquer un tel examen nécessite une juste mesure des bénéfices attendus et des risques encourus pour le patient.

A quoi sert-elle ?

L'angioplastie, avec ou sans pose d'une prothèse endo-cavitaire (stent ou endoprothèse) a pour but de rétablir la circulation artérielle en dilatant le rétrécissement ou la sténose coronaire coronaire à l’aide d’un ballonnet gonflable. Auparavant, la phase diagnostique (via éventuellement une coronarographie) aura permis de localiser parfaitement les zones de sténoses nécessitant une revascularisation par angioplastie.

L'angioplastie coronaire est indiquée prioritairement dans le cas de syndrome coronaire aigu, c'est-à-dire un angor instable (dans les 24 à 48 heures, afin d'éviter l'évolution vers l'infarctus du myocarde) ou au cours de l'infarctus aigu du myocarde (pour désobstruer l'artère occluse dans un délai idéal de 3 heures après le début des symptômes) ou en cas d'échec de la thrombolyse (moyen médicamenteux pour déboucher l'artère) : c'est ce qu'on appelle l'angioplastie de sauvetage.

Elle est aussi indiquée dans la maladie coronaire stable après discussion cas par cas et après évaluation individuelle des bénéfices attendus et des risques encourus pour le patient. Cet examen est alors programmé, planifié sans urgence permettant au patient d’être bien préparé psychologiquement et d’avoir des conditions de sécurité optimale.

Déroulement de l'intervention

Coronarographie et Angioplastie en cardiologie rythmologie

Comme la coronarographie qu’elle va compléter, l’angioplastie coronaire nécessite une préparation médicale. Un bilan sanguin est demandé pour évaluer la coagulation (on parle d’hémostase), la numération formule sanguine (à la recherche d’une anémie, de signe d’infection, d’un nombre de plaquettes anormal…) et la fonction rénale. Le patient doit est traité par des médicaments anti-plaquettaires (aspirine, clopidogrel,…) et d’autres médicaments spécifiques de la maladie coronaire.

L'angioplastie nécessite une anesthésie locale et est réalisée dans une salle de cardiologie interventionnelle. La sonde est introduite à partir d’une artère située au poignet (artère radiale) ou au niveau de l’aine (artère fémorale). La technique consiste alors à amener, dans l'artère malade, un petit ballonnet gonflable au niveau de la zone rétrécie, bien identifiée par un produit de contraste injecté au préalable. Une fois gonflé, le ballon écrase la plaque d'athérome et agrandit le diamètre de l'artère.

Il est ensuite dégonflé pour rouvrir la voie de la circulation sanguine et rétablir le flux.

Pose d'un stent

Dans 90 % des cas, ce geste complète l'angioplastie. Un stent est une sorte de mini-ressort que l'on introduit dans l'artère pour éviter qu'elle se rebouche. L'intérêt de cette solution est de maintenir l'artère ouverte grâce au ressort qui reste en place alors que le ballonnet est retiré. Si les sténoses sont nombreuses, une discussion au cas par cas est nécessaire pour proposer soit des stents soit des pontages aorto-coronaires chirurgicaux.

Les cardiologues disposent désormais de stents dit actifs, enrobés de médicaments inhibant la prolifération cellulaire au contact des barreaux métalliques du stent et donc réduisant les risques de re-sténose, c'est-à-dire de nouvelle obstruction de l'artère malgré la présence du stent.

Après l'angioplastie

En cas de mise en place d'un stent, le traitement anti-plaquettaire comprenant l’association d’aspirine et du clopidogrel sera maintenu pendant plusieurs mois, voire d’avantage s'il s'agit d'un stent actif. Ensuite, ce dispositif anti-plaquettaire sera allégé (aspirine seule) et prescrit au long cours. Une épreuve d'effort sera programmée dans les trois à six mois pour évaluer l’existence ou non de signes d’ischémie myocardique, témoins d’une re-sténose ; une nouvelle coronarographie devra alors être discutée.

En l'absence de re-sténose au 6ème mois, le résultat peut être considéré comme stable et durable si les facteurs de risque cardiovasculaires sont corrigés. Une épreuve d’effort est recommandée tous les ans.